Dossier d’œuvre architecture IA25002036 | Réalisé par
Campion Jo-Ann (Contributeur)
Campion Jo-Ann

Campion, Jo-Ann. Chargée de recherche. Région Bourgogne-Franche-Comté, service Inventaire et Patrimoine. 2020-

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • enquête thématique régionale, patrimoine religieux du 20e siècle en Bourgogne-Franche-Comté
centre paroissial Saint-Pie X à Besançon
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bourgogne-Franche-Comté
  • Commune Besançon
  • Adresse 18 avenue des Géraniums
  • Cadastre 2024 BX 95

Depuis 1939, le hameau de Palente est rattaché à la paroisse Saint-Martin des Chaprais distante de trois kilomètres. Au cœur de ce hameau, un vaste domaine appelé "le Château Chifflet" est loué par l'abbé Gallois, aumônier des œuvres sociales, qui y installe l’œuvre des Foyers Comtois comprenant un lieu de culte. L'architecte Noé dessine les plans qui transforment la grange, la remise et le garage en chapelle de secours. Elle est placée sous le vocable Saint-Michel et est bénie le 26 juin 1949 par l'archevêque de Besançon. En décembre 1954, la chapelle est détruite par un incendie. Entre-temps, le nouveau quartier de Palente s’est développé : 12000 habitants occupent déjà les immeubles et les maisons individuelles fraîchement bâtis. Le champ de manœuvre appelé « Polygone » qui bordait le hameau de Palente pour rejoindre la colline du fort Benoît jusqu’à l’actuelle rue des Géraniums a été acquis en 1952 par la ville pour être urbanisé. Par un jeu d'échange de terrain avec la commune, la paroisse Saint-Martin fait l'acquisition d'une parcelle au cœur de ce quartier. Un comité paroissial se forme afin de gérer la construction d’un centre paroissial. Il est constitué de religieux et de laïcs, parmi lesquels le curé doyen de l’église des Chaprais, Georges Doucet, un ingénieur des Ponts-et-Chaussées, mais également le chanoine Ledeur membre de la Commission Diocésaine d’Art Sacré (CDAS). L’architecte Jacques Gauthier est retenu pour réaliser l’ensemble religieux composé d’une église, de salles paroissiales et d’un presbytère. La construction démarre en 1956 pour être achevée en 1959 (église et presbytère). En 1967, est construit un ensemble de trois garages entre l'église et le presbytère. Le clocher est quant à lui finalisé en 1979. Installé depuis 1956, l’abbé Manche devient très rapidement une figure importante du quartier : il est le prêtre bâtisseur tant du centre cultuel, que des équipements culturels et sportifs et sociaux. Voulant pallier le manque d'équipements de soin, il implante deux dispensaires : en 1959, un premier centre occupe un appartement de la rue des Campenottes, puis en 1970, une émanation des sœurs de la Charité s'installe rue Berlioz. En 1959, un cinéma offrant près de 1000 places, ce qui en fait à ce moment-là le plus grand de Besançon, est érigé rue de la Corvée à quelques mètres de l'avenue des Géraniums. Les plans sont signés de l'architecte Vladimir Scob également auteur du cinéma Montjoye dans le quartier de Montrapon. L’abbé Manche en est nommé gérant et s’occupe de la programmation (films et spectacles). Le prêtre investit aussi le domaine sportif et administre la section de gymnastique « Jeunesse de Palente », l’équipe de football et fonde le patronage sportif bisontin composé d’un club de football et d’un dojo. Cet investissement du secteur social, culturel, sportif, cultuel, fait du centre paroissial une entité structurante de ce quartier dans lequel s’est installée en 1960 l’usine d'horlogerie et de mécanique de précision Lip. De nombreux ouvriers de l’usine vivent dans le quartier. Aussi, au moment des évènements LIP en 1974, le cinéma et le centre paroissial vont devenir des lieux de lutte, à l’instar de la Maison pour Tous ou du gymnase Jean Zay où une partie de la production de montres se délocalise. L’église offre sa salle de conférence et ses salles de réunion pour y organiser la vente par correspondance de l’usine hors-les-murs et servir de dispensaire afin de soigner les manifestants blessés. Le cinéma Lux devient le lieu des assemblées générales. Ce cinéma connaît par la suite la fin tragique de nombreux cinémas de quartier, ne résistant ni à l'arrivée de la télévision, ni au développement des déplacements en voiture, ni à la construction de salles multiplexes. Fermé, l'édifice est détruit entre 1989 et 1990.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 20e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1959, daté par source
    • 1967, daté par source
    • 1979, daté par travaux historiques
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Gauthier Jacques Louis
      Gauthier Jacques Louis

      Gauthier, Jacques Louis (1907-1981). Ingénieur des Arts et Manufactures. Architecte DPLG. En Bourgogne-Franche-Comté, il réalise l'église de Bethoncourt en 1955 et le centre paroissial Saint-Pie X à Besançon en 1957 - 1959.

      Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
      architecte attribution par source
    • Auteur :
      Scobeltzine Vladimir , dit(e) Vladimir Scob
      Scobeltzine Vladimir

      Scobeltzine, Vladimir (dit Vladimir Scob), (1907 - ). Architecte. Spécialisé dans la construction de cinéma (cinéma Pathé, 140 boulevard de Clichy à Paris en 1956 ; Le Rialto à Nice en 1958 ; Le Castillet à Perpignan,etc.). A Besançon, il réalisé le cinéma paroissial Montjoye (détruit).

      Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
      architecte attribution par source

Situé au coeur du quartier de Palente, le centre paroissial est entouré de maisons individuelles, parfois jumelées, et d'immeubles de moyenne hauteur. Il se compose d'un édifice contenant l'église et l'ensemble des salles paroissiales, d'un clocher isolé et d'un presbytère réunis sur une parcelle de terrain de forme triangulaire comprenant un jardin et un parc de stationnement. Le presbytère est de plan rectangulaire. Sa façade principale s'ouvre sur le parvis de l'église et est agrémentée d'un jeu asymétrique de baies rectangulaires. Son toit est à un pan, de très faible pente. Un garage s’élève entre l'église et le presbytère. De plan perpendiculaire, son toit terrasse est végétalisé.

  • Murs
    • béton
  • Toits
    tôle ondulée, végétal en couverture
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    1 étage carré
  • Couvertures
    • toit à un pan
    • terrasse
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours
  • Statut de la propriété
    propriété d'une association diocésaine

Documents d'archives

  • Besançon, archives municipales : 20 w 37. Service de Voirie. Demande bulletin d'alignement. 1956.

    Archives municipales, Besançon : 20 w 37
  • Besançon, Commission diocésaine d'art sacré : non coté. Archives du centre paroissial Saint-Pie X. [1954-2020].

    Commission diocésaine d’Art Sacré de Besançon : non coté
  • Besançon, archives municipales : 43 w 65. Demande de permis de construire du 21 août 1967. Construction d'une annexe à l'habitation : trois garages. 1967.

    Archives municipales, Besançon : 43 w 65
  • Cité de l'architecture et du patrimoine, Centre d'archives d'architecture du XXe siècle : 386 IFA. Fonds Jacques Gauthier (1907-1981). Dossier 11 : Cité paroissiale de Palente, Besançon. [1956-1960]

    Cité de l'architecture et du patrimoine, Centre d'archives d'architecture du XXe siècle : 386 IFA

Bibliographie

  • Gourgues, Guillaume ; Kondratuk, Laurent. Les « LIP » à Palente-Orchamps. Le quartier acteur d’une lutte (Besançon, 1973-1974). Dans Dechézelles, Stéphanie ; Olive, Maurice (dir.). Respublica. Politisation du proche. Les lieux familiers comme espace de mobilisation. Rennes : PUR, 2019, p. 129-148.

Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
Campion Jo-Ann
Campion Jo-Ann

Campion, Jo-Ann. Chargée de recherche. Région Bourgogne-Franche-Comté, service Inventaire et Patrimoine. 2020-

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Articulation des dossiers
Parties constituantes