Dossier d’œuvre architecture IA70000795 | Réalisé par
Hamelin Liliane (Contributeur)
Hamelin Liliane

Liliane Hamelin, chercheur. Direction régionale des Affaires culturelles de Franche-Comté puis Région Bourgogne-Franche-Comté, 1976-2018.

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  • enquête thématique régionale, val de Saône
château
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Val de Saône - Dampierre-sur-Salon
  • Commune Ray-sur-Saône
  • Cadastre 1831 B 173, 183, 192 Le château est représenté sur la feuille 3 bis de la section B. ; 2016 B 310 à 318, 320 à 322, 451, 452, 493 à 495, 573 à 575
  • Dénominations
    château
  • Parties constituantes non étudiées
    manège, parc

"Le premier sire de Ray connu est Guy de Ray, dont le fils, Sevuin de Ray, est témoin dans une donation en 1098. Celui-ci y mentionne son père et ses fidèles prédécesseurs" indique l’auteur de la notice du Nouveau dictionnaire des communes de Haute-Saône. Il précise aussi qu’au 11e siècle, "Ray et sa terre appartenaient à l’abbaye Saint-Vincent de Châlon-sur-Saône dont les tenaient en fief les seigneurs de Ray." Des Ray, la seigneurie est passée aux Merode par mariage, puis aux Marmier par substitution en 1774. Le château est resté dans cette famille jusqu'en 2016, date à laquelle la dernière propriétaire, Diane Baconnière de Salverte, l'a offert au département de la Haute-Saône.

Le château est cité pour la première fois dans les archives en 1175 mais l'histoire de l'édifice et du bourg castral (distinct du village établi en contrebas, autour de l'église paroissiale Saint-Pancrace) sont mal connus. Les historiens évoquent un édifice important (avec une enceinte de 5 ha), protégé par un donjon dressé sur un puits de plus de 50 m (qui existe encore), des tours et des fossés. "Aux 15e et 16e siècles, signale Patrick Boisnard (dans le dossier de protection Monument historique), le logis est modifié par la construction de deux ailes, au nord et au sud, suivant un plan d'ensemble en U que l'édifice conservera." Le château a subi d'importantes destructions au cours de la guerre de Dix Ans (1634-1644) et il n'en subsiste alors que des pans de muraille, la poterne et trois tours. A la fin du 17e siècle et dans le 1er quart du 18e siècle, le sculpteur et architecte Jean-Pierre Galezot intervient pour d'importants travaux : reconstruction de la tour nord (ou tour Holstein, du nom de Philippine de Merode de Ray duchesse de Holstein) et aménagements intérieurs, dont la chapelle.

Les transformations d'ensemble réalisées après 1774, et plus particulièrement de 1789 à 1807, sont ainsi présentées par Patrick Boisnard : "Le logis est modifié suivant les plans de l'architecte bisontin Claude-Antoine Colombot qui accentue l'axe de symétrie au centre de la cour par la construction d'un avant-corps à fronton triangulaire, et qui recompose le décor intérieur des appartements de l'aile nord, et de l'aile en retour, côté Saône, en faisant appel aux meilleurs artisans bisontins. En même temps, les propriétaires acquièrent progressivement les terrains entourant le parc, tant à l'est vers la rivière, qu'à l'ouest, et engagent la réfection complète du parc suivant un projet demandé à l'architecte paysagiste Jean-Marie Morel (auteur notamment du jardin de la Malmaison)." Un manège est construit en 1775 (il sera par la suite transformé en ferme).

Au 19e siècle, les principales modifications connues sont dues au duc Raynald de Marmier : il remplace les toits coniques des tours de la façade est par un toit en terrasse couronné de mâchicoulis et de créneaux, leur donnant ainsi une touche néo-gothique. Patrick Boisnard signale que "Les communs et le parc sont alors simplifiés en privilégiant les points de vue et les beaux arbres sur la composition et le dessin des allées. Après la seconde guerre mondiale, le pavillon sud-ouest à l'angle de l'aile sud, a été reconstruit et différentes transformations intérieures ont été réalisées : construction du grand escalier, [de la] salle à manger [et] aménagement de l'aile sud. A la suite, l'entrée du parc a été redessinée à partir d'un portail Louis XV rapporté, installé dans l'axe de la cour d'honneur, d'où rayonnent des allées concentriques."

Le château a été classé au titre des Monuments historiques en 2009. Un inventaire du mobilier a été réalisé en 2016 par Pascal Brunet et Alexandra Balay, après que l'édifice soit devenu propriété du département de la Haute-Saône.

Le château, qui se dresse sur un promontoire dominant de 80 m environ le village et la Saône, est composé de plusieurs constructions : le logis, dressé au bord de la falaise, reconstruit au début du 18e siècle sur des parties plus anciennes ; des vestiges du site médiéval dans le parc : une partie du mur d’enceinte médiéval (à droite de la pelouse), deux tours (la "tour du guet" et la "tour tranchée") et des fossés comblés ; l'ancien manège, construit au 18e siècle, modifié et transformé en ferme. Depuis le portail, une longue allée bordée par une double rangée de tilleuls traverse le parc paysager et débouche sur une vaste pelouse face à la cour d'honneur. Construit sur un plan irrégulier en U, le château est fait de moellons de calcaire, apparents sur la façade sud et enduits sur les autres. Comportant un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble, desservis par des escaliers dans-oeuvre, il est coiffé d’un toit brisé, à croupes et couverture de tuiles plates. Il s'appuie sur deux tours médiévales (façade est, côté Saône) : une hors-oeuvre au nord-est (la "tour Holstein") et une demi-hors-oeuvre au sud-est (la "tour d'amour"). La façade antérieure (ouest), donnant sur la cour d'honneur, présente une élévation ordonnancée et se signale par son avant-corps souligné de bossages en table et surmonté d'un fronton triangulaire muni d'une horloge. L'ensemble est d'une grande sobriété : des bandeaux plats soulignent les fenêtres à linteaux droits, une corniche court sur les façades. La façade sur Saône est plus dépouillée : ses percements, parfois irrégulièrement disposés, s’accordent à l’aspect des tours couronnées, depuis le milieu du 19e siècle, de mâchicoulis et de créneaux.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit partiel
  • Toits
    tuile plate
  • Étages
    étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
  • Couvrements
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans brisés croupe brisée
    • terrasse
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre
  • Statut de la propriété
    propriété du département
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    classé MH, 2009/11/05
  • Précisions sur la protection

    L'ensemble des bâtiments du château : logis, tours médiévales, porte, ferme, parc en totalité (cadastre B 310 à 318, 320 à 322, 451, 452, 493 à 495, 573 à 575) : classement par arrêté du 2009/11/05.

  • Référence MH

Bibliographie

  • Affolter, Eric ; Millet, Patrice ; Voisin, Jean-Claude. Châteaux et vieilles demeures en Franche-Comté. - Langres : D. Guéniot, 1979. XVI-214 p. : ill, carte.

    Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire et Patrimoine, Besançon : R.HA 519
    p. 169-170
  • Affolter, Eric ; Pégeot, Pierre ; Voisin, Jean-Claude. L'habitat médiéval fortifié dans le nord de la Franche-Comté : vestiges de fortifications de terre de maisons fortes. Montbéliard : AFRAM, 1986.

    p. 191.
  • Boisnard, Patrick. Le château de Ray-sur-Saône : dossier de classement. - 22 août 2007. 25 p.

    Conservation régionale des monuments historiques, Besançon
  • Boisnard, Patrick. Ray et Saint-Rémy. L'empreinte du 18e siècle. In : Vieilles maisons françaises, n° 248, mars 2013.

    Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire et Patrimoine, Besançon : R.HA 5069
    p. 56-58 : ill.
  • Desnoyers, Gérard ; Bonnet, Dominique. Jardins de Franche-Comté. - Besançon : Cêtre, 1992. 160 p. : ill. ; 27 cm.

    Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire et Patrimoine, Besançon : R.HA.1735
    p. 140-143 : ill.
  • La Haute-Saône : nouveau dictionnaire des communes. Tome V, [Le Pont de Planches - Le Val-Saint-Eloi]. - Vesoul : Société d'agriculture, lettres, sciences et arts de la Haute-Saône, 1973.

    Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire et Patrimoine, Besançon : R.US. 157
    p. 138-141.
  • Salverte, Hubert de. Le château de Ray : transmission par le sang du XIe au XXe siècle. - Besançon : impr. Burs, 1999. 46 p. : ill.

    Bibliothèque municipale, Besançon : Br. 267.25
  • Suchaux, Louis. Département de la Haute-Saône. Dictionnaire historique, topographique et statistique. - Paris : Res Universis, 1991. 2 vol., 400 p.-[12] f. de pl., 396-[16] p.-[11] f. de pl. ; 20 cm. Reprod. en fac-sim. de "La Haute-Saône : dictionnaire historique, topographique et statistique des communes du département". - Vesoul : A. Suchaux, 1866 (Monographies des villes et villages de France ; 754-755).

    Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire et Patrimoine, Besançon : R.US.4299
    p. 224.
  • Vignier, Françoise. Franche-Comté, Pays de l'Ain : Ain, Doubs, Haute-Saône, Jura. - Paris : Berger-Levrault, 1979. 194 p. (Dictionnaire des châteaux de France / dir. Yvan Christ)

    Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire et Patrimoine, Besançon : R.US.459
    p. 162-164 : ill.
Date(s) d'enquête : 2015; Date(s) de rédaction : 2016
(c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
Hamelin Liliane
Hamelin Liliane

Liliane Hamelin, chercheur. Direction régionale des Affaires culturelles de Franche-Comté puis Région Bourgogne-Franche-Comté, 1976-2018.

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