Dossier d’œuvre architecture IA70000768 | Réalisé par
Gandini Julie (Contributeur)
Gandini Julie

Élève conservateur à l'Institut national du patrimoine. Stagiaire au service Inventaire et Patrimoine de la Région Bourgogne-Franche-Comté de juillet à décembre 2016.

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  • enquête thématique régionale, val de Saône
Ferme
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Val de Saône - Scey-sur-Saône-et-Saint-Albin
  • Commune Chemilly
  • Adresse 3 rue de la Barque
  • Cadastre 2016 A 453
  • Précisions

Cette ferme aux dimensions importantes est située légèrement en retrait par rapport à l'axe principal du village. Visible sur le cadastre napoléonien, elle se trouve à l'Est du village, face au pont qui enjambe le Durgeon.

De plan rectangulaire et massive, elle est implantée perpendiculairement à la rue de la Barque. Un bâtiment aux dimensions modestes, qui devait être une soue à cochons dépendant de la ferme, se trouve face à la maison, de l'autre côté de la rue. A l'Est, la propriété donne sur un vaste terrain, comportant un herbage et des terres cultivables.

Les dimensions de la ferme et la qualité du bâti révèlent le statut social important et le rang des anciens propriétaires de cette ferme, sans doute de riches propriétaires terriens. La différentiation entre exploitation et habitation se lit en façade. La partie habitable tend vers une esthétique bourgeoise, qui se traduit par une toiture en croupe, plus haute que la toiture à longs pans de la partie exploitation, dont la façade est en retrait par rapport à la partie habitable. La différenciation symbolique entre la partie la plus noble, l'habitation, et l'exploitation agricole est donc bien traduite par l'architecture.

Selon un témoignage oral, un lien de parenté historique a existé entre cette ferme et les propriétaires du château. On retrouve le même type de pierre de voute, en volute et décorée de stries verticales, sur la voussure de l'arc de la porte charretière de la ferme et sur la porte de l'écurie du château.

Cette ferme appartenait à la famille Genoux-Prachée. Victor Genoux-Parchée (1854-1924), fut pharmacien et maire de la ville de Luxeuil. Député républicain radical de Haute-Saône de 1894 à 1898, puis Sénateur de la Haute-Saône de 1904 à 1920, il fut le propriétaire de cette ferme à cette époque.

  • Période(s)
    • Principale : 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle

Cette importante ferme appartient à la typologie des fermes régionales à travées. Quatre travées divisent les espaces: l'écurie ou étable, la grange et l'habitation. Perpendiculaire à la rue, la ferme possède une parcelle triangulaire de jardin en façade, qui la place légèrement en retrait de la rue. La partie la plus cossue est la partie habitable, la plus à l'Est, donnant sur le Durgeon et sur les terrains de la propriété. De plan carré et remarquable par sa toiture en croupe percée de deux lucarnes et couronnée de deux épis de faîtage, la partie habitation est composée d'un étage carré. Les combles sont aménagés, comme le révèle la présence des lucarnes.

La partie dédiée à l'exploitation agricole est de plan rectangulaire. La porte charretière de la grange distribue l'espace, située entre l'habitation et l'écurie ou l'étable. L'arc surbaissé de la porte charretière fait l'objet d'un soin particulier, encadré de blocs de pierre de taille et surmonté d'une pierre de voute en volute. Deux portes et deux fenêtres symétriques signalent l'écurie ou l'étable. Un four à pain existe dans la zone la plus occidentale de la propriété, donnant sur la rue et sur le petit édifice agricole dépendant de la ferme, sans doute une soue à cochons.

Un enduit recouvre aujourd'hui l'ensemble de la propriété. Sur la façade principale donnant sur rue, les encadrements de porte et de fenêtres sont soulignés par des blocs de pierre de taille. La partie exploitation est couverte de tuiles mécaniques, tandis que la toiture à croupe de l'habitation est couverte de tuiles en écailles. L'édifice dépendant de la ferme, une soue à cochons, est quant à lui, couvert de petites tuiles plates. La distribution intérieure de l'habitation est cohérente. On pénètre en façade dans la cuisine, où se trouve un évier avec une pierre à eau visible à l'extérieur. Une cheminée possède une plaque qui comporte les lettres A.P M.B et un décor d'oiseaux sous un dais. En pénétrant davantage dans la maison, un escalier central dessert les chambres à l'étage. Au rez-de-chaussée, se trouve un garde-manger au bout du couloir, donnant sur le Durgeon. A l'Est de la maison, une vaste salle à manger bourgeoise s'ouvre par une porte-fenêtre, desservie par un perron en pierre et donne accès au jardin à l'Est. Au dessus de la grange existe un vaste grenier.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit
    • calcaire pierre de taille
  • Toits
    tuile mécanique, tuile en écaille
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble
  • Couvrements
    • charpente en bois apparente
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre
  • Techniques
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée

Bibliographie

  • Zeller-Belville, Catherine. Histoires de fermes. Architecture rurale des Vosges méridionales : Exposition. Epinal, Conseil général des Vosges. 2007. - Epinal : Conseil général des Vosges, 2007. 152 p. : ill., plans, cartes ; 21 cm.

Date(s) d'enquête : 2016; Date(s) de rédaction : 2016
(c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
Gandini Julie
Gandini Julie

Élève conservateur à l'Institut national du patrimoine. Stagiaire au service Inventaire et Patrimoine de la Région Bourgogne-Franche-Comté de juillet à décembre 2016.

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